Avatar – The Last Airbender
Abris bus, 4×3, critiques au 20h et dans les matinales radios, Le Dernier Maître de l’Air n’aura pas raté sa promo ces dernières semaines. Rien de bien extraordinaire pour un blockbuster annoncé et le premier épisode d’une nouvelle trilogie programmée pour squatter nos salles et engranger des millions de dollars pendant les prochaines années. Oui mais voilà, raté ! Non pas que le public soit passé à côté. Non la vérité est bien plus triste. Ce cher M. Night Shyamalan, scénariste, producteur et réalisateur, a flingué ce qui aurait dû être une superbe saga ! En bref n’allez pas voir Le Dernier Maître de l’Air, n’y perdez ni un centime de vos économies, ni une seconde de votre temps. Je vous l’accorde, je m’emporte un petit peu – mais le conseil est toujours valable – mais j’ai mes raisons, 61 raisons. Comme le nombre d’épisodes de la série animée, dont est tiré le film, Avatar – The Last Airbender.

Dans un monde divisé en quatre nations – l’Eau, l’Air, la Terre et le Feu – certains humains ont le pouvoir de maîtriser l’élément auquel ils appartiennent mais seul l’Avatar peut contrôler les quatre. Depuis l’origine du monde, les différentes incarnations de l’Avatar ont une mission essentielle : garantir l’équilibre entre les maîtres des différents éléments et la paix entre les nations.
Jusqu’à ce que le dernier Avatar, maître de l’Air, disparaisse de la circulation alors que la nation du Feu se lance dans une guerre pour la domination totale. 100 ans et de nombreuses souffrances plus tard, Sokka et Katara – frère et soeur adolescents de la tribu de l’eau du pôle Sud – découvrent Aang et Appa prisonniers de la glace d’un iceberg. Le premier, garçon de 12 ans, est l’Avatar ; le second, son fidèle destrier et ami, un bison volant. Il est temps pour les nouveaux amis de partir à l’aventure pour sauver le monde !
Voilà pour le pitch. Diffusée par Nickelodeon entre 2005 et 2008, Avatar – The Last Airbender aurait pu n’être qu’une série pour enfants de plus. L’écriture utilisée et la profondeur des thèmes abordés en font un ensemble bien plus mâture. Les relations familiales, l’amitié, l’amour mais surtout la guerre et la mort des êtres chers emplissent les épisodes au fil du voyage initiatique des jeunes héros. Heureusement, si l’ambiance générale est parfois sérieuse, la série est truffée de respirations, entre les jeux un peu fous du jeune Aang et les blagues cultes de Sokka. La bouille pleine de poils d’Appa devrait vous faire craquer au point que vous n’aurez qu’une seule envie, à défaut de pouvoir le chevaucher en vrai dans les airs : la version peluche géante !
Un vrai plaisir que cette série donc, et après l’avoir découverte avec peut-être une certaine appréhension, vous ne pourrez que dévorer les épisodes suivants. Parce que l’histoire s’enchaîne parfaitement, qu’on veut bien-sûr connaître le fin mot de la mission d’Aang mais aussi qu’on suit l’évolution des autres personnages, les relations qui se lient ou se délient, les personnages d’un épisode qui reviennent faire un tour au milieu d’un autre, les secondaires dont l’importance grandit petit à petit. En résumé parce que le scénario est bien plus élaboré que celui de nombreuses séries traditionnelles ; poussant même le détail jusqu’à avoir des épisodes stand-alone pas si isolés que ça. Inspirée de la culture asiatique, animée à l’occidentale et peuplée de personnages cosmopolites, la série est un vrai concentré d’influences diverses lui permettant de toucher tous les publics.

La base parfaite pour le scénario d’une saga ciné mondiale. Et pourtant… Shyamalan, l’homme qui ne doit sa crédibilité qu’à 6ème Sens et a pondu depuis quelques films moyens et quelques autres mauvais, a découvert la série à travers ses filles, fans. Devant son potentiel, il s’attaque à l’adaptation ciné à travers une trilogie. Pour tout vous dire, je n’ai pas vu le film. Il arrivait pourtant porté par un joli buzz, c’est d’ailleurs comme ça que j’ai découvert l’animé ; Dev Patel, de Slumdog mais surtout Skins, était au casting ; et peut-être que Shyamalan allait se rappeler comment faire un film après tout. Mais la bande-annonce pas convaincante, et surtout le désespoir de Chandleyr en projo de presse, m’ont vite calmé. Puis les critiques déplorables se sont enchaînées, au point que le film s’est même fait détruire gentiment par le JT de France2 – pas vraiment l’endroit où on s’attend à une vraie critique. Et enfin LeReilly, fan de la série, a osé aller voir le film, juste de quoi pondre une critique assassine. Non mais sérieux, Shyamalan aura même réussi à retirer tout son potentiel « chou » à Appa !!!









le 4 août 2010, 23:50
Et sinon shutter island 2 t’en as pensé quoi?
le 4 août 2010, 23:53
Pas mal, par contre remplacer DiCaprio par Timberlake était un peu étrange…